Découvrir un fibrome utérin en début de grossesse est une situation fréquente et souvent source d’inquiétude. La première question qui vient à l’esprit est légitime : peut-on l’opérer tout de suite pour éviter qu’il ne pose problème ?
La réponse est nuancée : c’est techniquement possible dans certains cas très précis, mais ce n’est presque jamais la solution privilégiée.
Qu’est-ce qu’un fibrome utérin ?
Un fibrome (ou myome) est une tumeur bénigne qui se développe dans la paroi musculaire de l’utérus. Il touche une proportion importante de femmes en âge de procréer et peut passer totalement inaperçu, ou au contraire provoquer des douleurs, des saignements ou des complications selon sa taille, son nombre et sa localisation.
Pourquoi la chirurgie est-elle évitée pendant la grossesse ?
Pendant la grossesse, l’utérus est un organe particulièrement vascularisé : le risque d’hémorragie lors d’une intervention y est nettement plus élevé qu’en dehors de la grossesse. Opérer un fibrome (myomectomie) expose donc à plusieurs risques :
- des saignements abondants, parfois difficiles à contrôler ;
- un risque de fausse couche ou d’accouchement prématuré déclenché par l’intervention ;
- des complications infectieuses ;
- une fragilisation de la paroi utérine, qui peut avoir des conséquences sur l’accouchement.
C’est pourquoi, sauf exception, les équipes médicales privilégient une surveillance échographique régulière plutôt qu’une opération pendant la grossesse. La plupart des fibromes n’évoluent pas de façon problématique et peuvent être traités, si besoin, après l’accouchement.
Dans quels cas une intervention est-elle envisagée malgré tout ?
Il existe des situations exceptionnelles où une myomectomie pendant la grossesse peut être discutée :
- une torsion ou une nécrobiose aseptique du fibrome (le fibrome se nécrose partiellement, provoquant une douleur intense qui ne cède pas aux antalgiques) ;
- un fibrome qui comprime dangereusement d’autres organes ;
- une douleur sévère résistante à tout traitement médical.
Dans ces cas, la décision est prise au cas par cas, en pesant soigneusement le bénéfice attendu face aux risques pour la mère et pour le bébé.
La myomectomie pendant une césarienne
Un autre scénario existe : lorsque la femme doit de toute façon subir une césarienne, certains chirurgiens proposent de retirer le fibrome au même moment, pour éviter une seconde opération plus tard. Cette pratique reste débattue : les données scientifiques disponibles ne permettent pas encore de conclure clairement sur ses bénéfices et ses risques, notamment en matière de transfusion sanguine ou de durée d’hospitalisation. La décision dépend donc largement de l’expérience du chirurgien et des caractéristiques du fibrome.
Que se passe-t-il en pratique le plus souvent ?
Dans la grande majorité des cas, la prise en charge repose sur :
- une surveillance régulière par échographie ;
- la gestion de la douleur avec des antalgiques adaptés à la grossesse ;
- du repos en cas de gêne importante ;
- une réévaluation après l’accouchement, où une myomectomie « classique » pourra être proposée si le fibrome reste symptomatique.
Et après la grossesse ?
Si une myomectomie a été réalisée (que ce soit avant la grossesse ou pendant), un point important à connaître : une cicatrice importante sur la paroi utérine peut conduire l’équipe médicale à recommander une césarienne programmée pour une grossesse future, afin d’éviter tout risque de rupture utérine pendant le travail.
En résumé
- Il est techniquement possible d’enlever un fibrome pendant la grossesse, mais cela reste rare et réservé à des situations exceptionnelles.
- Le risque principal est l’hémorragie, avec des conséquences possibles sur la grossesse elle-même.
- Dans la plupart des cas, la stratégie privilégiée est la surveillance et la gestion des symptômes, l’opération étant reportée après l’accouchement.
- Chaque situation est différente : la décision doit toujours être prise avec un gynécologue-obstétricien, qui pourra évaluer précisément la taille, la position et l’évolution du fibrome.
Cet article a un but informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Toute femme enceinte présentant un fibrome doit être suivie par un professionnel de santé pour un avis adapté à sa situation.
