Le rôle des hormones
Les hormones féminines, œstrogène et progestérone, semblent impliquées dans leur croissance, et leurs taux peuvent augmenter ou diminuer tout au long de la vie.
Les fibromes ont tendance à causer des symptômes chez les femmes dans la trentaine et la quarantaine. Ils s’améliorent généralement après la ménopause.
Une variabilité de croissance importante
Selon une étude publiée dans la revue scientifique PubMed, en l’espace d’un an, les fibromes peuvent subir des changements radicaux de dimensions, allant d’une réduction de 90 % à une croissance de 200 %. En moyenne, les fibromes utérins augmentent de volume de 20 à 30 % par année en période préménopausique. À l’inverse, ils régressent spontanément chez environ 20 % des femmes. Après la ménopause, les fibromes se stabilisent ou régressent.
Facteurs de risque
Les études montrent que les femmes noires ont plus de risques d’avoir des fibromes et des symptômes plus sévères que les femmes d’autres groupes ethniques. De ce fait, les femmes noires subissent aussi plus souvent un traitement chirurgical, et à un âge plus jeune. Ces différences pourraient être dues au racisme et aux inégalités sociales, qui peuvent augmenter le risque de problèmes de santé. Les antécédents familiaux de fibromes constituent également un facteur possible.
Symptômes d’un fibrome qui grossit
Les fibromes peuvent causer deux grandes catégories de symptômes. La première concerne les saignements menstruels abondants. La seconde regroupe les « symptômes de masse » : quand les fibromes deviennent si volumineux qu’ils exercent une pression dans le bassin ou compriment des organes voisins comme la vessie ou le côlon.
Les fibromes attachés à l’utérus par une tige peuvent se tordre et causer des douleurs, des nausées ou de la fièvre. Les fibromes à croissance rapide, ou ceux qui commencent à se dégrader, peuvent aussi provoquer des douleurs. Dans de rares cas, ils peuvent être associés à un cancer. Un très gros fibrome peut causer un gonflement de l’abdomen et rendre l’examen pelvien difficile.
⚠️ Le signal d’alarme : croissance rapide et risque de cancer
C’est le point le plus important à bien comprendre et à ne pas surestimer.
La question du léiomyosarcome : un risque rare
Le léiomyosarcome (LMS) est une tumeur maligne rare du muscle utérin. Le cancer pouvant survenir dans la couche musculaire de l’utérus s’appelle le léiomyosarcome utérin. Il est rare et se développe typiquement de manière indépendante, pas par transformation d’un fibrome préexistant en cancer. Aucune organisation médicale majeure ne considère la vitesse de croissance seule comme un moyen fiable de distinguer un fibrome bénin d’un LMS.
Chiffres clés selon l’ACOG et la SOGC
L’American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG) indique que le risque de découvrir un sarcome utérin inattendu lors d’une chirurgie pour des fibromes présumés se situe entre environ 1 sur 770 et moins de 1 sur 10 000 cas. Voka Wiki
La SOGC (Société des obstétriciens et gynécologues du Canada), dans ses lignes directrices publiées dans le Journal of Obstetrics and Gynaecology Canada, est encore plus précise : dans une revue de 6 815 patientes ayant subi une myomectomie, seulement 18 cas (0,26 %) étaient des léiomyosarcomes. Dans le sous-groupe de femmes dont la masse avait grossi rapidement, la prévalence était identique, à 0,27 %. La croissance rapide d’un fibrome ne semble donc pas constituer un facteur prédictif de léiomyosarcome.
L’exception importante : la ménopause
Malgré cette relative rareté, la vigilance reste de mise dans un contexte spécifique. Selon les recommandations officielles de la SOGC reprises dans le programme Choisir avec soin Canada : la croissance et/ou l’apparition de nouveaux symptômes après la ménopause devraient susciter un degré de suspicion plus élevé de malignité.
La SOGC précise également dans ses lignes directrices que : chez la femme ménopausée présentant de nouvelles douleurs et/ou saignements associés à des fibromes nouveaux ou existants, le léiomyosarcome doit être envisagé.
L’imagerie ne suffit pas toujours
L’échographie et l’IRM peuvent décrire les caractéristiques d’une masse et suggérer un fibrome bénin, mais elles ne peuvent pas exclure définitivement un LMS. Un diagnostic certain nécessite généralement une ablation chirurgicale et un examen par un pathologiste.
Options thérapeutiques
Le traitement dépend des symptômes, de la taille, de la localisation et du désir de grossesse.
Surveillance active : si les fibromes ne causent aucun problème notable, la décision de ne pas se faire traiter est tout à fait valide.
Médicaments : les agonistes de la GnRH stoppent les menstruations et réduisent les fibromes, mais provoquent des effets secondaires similaires à la ménopause et ne sont généralement prescrits que sur une courte période avant la chirurgie ou en approche de la ménopause. De nouveaux comprimés antagonistes de la GnRH allègent les saignements et soulagent la douleur, avec moins d’effets secondaires, et peuvent être pris sur plusieurs années.
Techniques mini-invasives : des procédures comme l’embolisation de l’artère utérine, la chirurgie par ultrasons focalisés ou l’ablation par radiofréquence peuvent réduire le volume des fibromes de 25 à 70 % selon la méthode et le cas. Le temps de récupération varie de quelques jours à quelques semaines, avec un risque d’environ 15 à 20 % de nécessiter une autre procédure si les symptômes ne s’améliorent pas suffisamment.
Chirurgie : la myomectomie est le traitement chirurgical traditionnel. C’est une procédure dans laquelle on incise l’utérus pour retirer le fibrome, puis on recoud l’utérus afin qu’il soit préservé pour une grossesse future. L’hystérectomie, ablation totale de l’utérus, reste la solution définitive pour les cas sévères ou récidivants.
Quand consulter ?
Consultez votre médecin ou gynécologue sans délai si vous observez :
- Une augmentation visible et rapide du volume abdominal
- Des douleurs pelviennes soudaines ou persistantes
- Des saignements anormaux, surtout après la ménopause
- Des règles très abondantes accompagnées d’une fatigue intense (possible anémie)
- Des symptômes urinaires ou digestifs nouveaux
Note importante : Cet article est rédigé à des fins informatives uniquement, à partir de sources médicales nord-américaines reconnues : Mayo Clinic, American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG), Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) et NIH/PubMed. Il ne remplace en aucun cas l’avis d’un médecin ou gynécologue. Tout fibrome à croissance rapide, surtout après la ménopause, doit faire l’objet d’une consultation médicale spécialisée.
