Par Françoise Girard, herboriste thérapeute et naturopathe, Santé des femmes au naturel
L’anémie ferriprive est une conséquence fréquente des saignements menstruels abondants. Parmi les causes les
plus courantes, les fibromes utérins occupent une place importante et sont les plus souvent en cause.
Dans le contexte de l’endométriose, c’est surtout l’adénomyose qui peut également entraîner des saignements
significatifs et donc de l’anémie, mais de manière généralement moins fréquente que les fibromes. Cette anémie peut avoir un impact considérable sur la vie quotidienne.
Comprendre l’anémie, apprendre à en reconnaître les signes et adopter une approche globale sont des étapes clés pour la prévenir et retrouver un mieux-être durable. L’anémie ne se résume pas à un simple manque de fer : elle demande souvent d’agir à plusieurs niveaux, en combinant suivi médical, alimentation adaptée, supplémentation et accompagnement naturel par les plantes médicinales, afin de corriger la carence tout en soutenant l’énergie et la vitalité sur le long terme.
Reconnaître les signes de l’anémie
L’anémie peut passer inaperçue au début, mais le corps envoie toujours des signaux. La fatigue constante et
excessive, même après une nuit complète de sommeil, les vertiges en se levant, la sensation de faiblesse,
l’essoufflement après un effort modéré, les palpitations, les maux de tête ou encore la pâleur sont autant de
signes à ne pas ignorer. Des difficultés de concentration ou une chute de cheveux peuvent également être des
indices. Les reconnaître tôt permet d’agir avant que ces symptômes ne deviennent invalidants et que la santé
générale ne soit affectée.
Prise en charge médicale de l’anémie
En cas de suspicion d’anémie, la première étape consiste à confirmer le diagnostic et à en préciser la cause à
l’aide d’analyses sanguines, notamment un bilan martial. L’anémie est généralement classée en trois niveaux :
légère, modérée ou sévère, selon les résultats obtenus. En fonction de ces paramètres, une supplémentation en fer adaptée peut être prescrite. Lorsque l’anémie est plus importante, ou lorsque le fer oral est mal toléré ou
insuffisant, une administration par voie intraveineuse peut être envisagée afin d’obtenir une correction plus
rapide, notamment avant une intervention chirurgicale. La transfusion sanguine, quant à elle, est réservée aux
formes sévères ou aux situations d’urgence accompagnées de symptômes marqués, en raison des risques qu’elle comporte.
Explorer les autres causes possibles d’anémie
Bien que l’anémie soit fréquemment causée par une perte de fer liée à des saignements abondants, d’autres
facteurs peuvent également jouer un rôle et aggraver la situation. Par exemple, des carences en vitamines ou en minéraux essentiels peuvent perturber l’absorption et l’utilisation du fer par l’organisme.
La vitamine B12 et la vitamine B9 sont essentielles à la production de globules rouges. Une carence peut
entraîner une anémie mégaloblastique, parfois liée à un trouble d’absorption de la B12 dans l’intestin ou à un
apport insuffisant, notamment chez les personnes suivant un régime végétalien strict.
Le cuivre, bien que rarement en cause, joue également un rôle clé dans le métabolisme du fer. Sa carence peut
entraîner une anémie, souvent difficile à identifier sans tests spécifiques. D’autres déficits, comme ceux en
vitamine C (essentielle à l’absorption du fer) ou en vitamine A (impliquée dans la mobilisation du fer), peuvent également perturber l’équilibre sanguin, bien que cela soit encore plus rare.
Il est aussi important de considérer la perte de sang occulte, c’est-à-dire des saignements internes, souvent
invisibles, liés par exemple à des ulcères ou des polypes.
Ainsi, lorsque le contexte clinique le justifie, un bilan plus complet peut être nécessaire pour déterminer l’origine exacte de l’anémie et adapter la prise en charge.
Approche naturelle et intégrative
Aborder l’anémie de façon globale ne consiste pas seulement à combler un manque de fer. C’est aussi aider le
corps à retrouver son équilibre et son énergie, à mieux assimiler les nutriments et à fabriquer des globules rouges de qualité, Cette approche repose sur trois piliers complémentaires : une alimentation adaptée, une
supplémentation bien choisie et le soutien des plantes médicinales.
Optimiser l’alimentation pour mieux assimiler le fer
L’alimentation joue un rôle déterminant dans la prévention et la correction de l’anémie. Toutefois, il ne suffit pas de consommer des aliments riches en fer : encore faut-il que ce fer soit bien absorbé par l’organisme.
Dans une alimentation omnivore, le fer héminique (viande rouge, abats -foie- et fruits de mer -palourdes,
moules-), est le plus efficace, car il est bien absorbé et peu influencé par les autres aliments.
Chez les personnes végétariennes ou végétaliennes, l’apport repose sur le fer non héminique, présent dans les
légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs, etc.), le tofu, les graines (citrouille, tournesol, etc.), les
légumes verts (kale, chou, etc.), la betterave ou les céréales complètes. L’absorption de ce fer est plus variable,
ce qui nécessite une attention particulière.
C’est ici que les associations alimentaires prennent toute leur importance. Essentielle à l’absorption du fer, la
vitamine C joue un rôle clé : ajouter par exemple du citron, du poivron cru, des fraises ou du kiwi à un repas peut augmenter significativement l’absorption du fer végétal.
À l’inverse, certains éléments peuvent freiner cette absorption. Le thé et le café, riches en polyphénols (tanins), comptent parmi les inhibiteurs les plus puissants et doivent être consommés à distance des repas, idéalement deux heures après. Le calcium (produits laitiers) a un effet inhibiteur, plus modéré mais réel.
Les aliments riches en acide phytique (légumineuses, graines -sésame, lin, tournesol, etc.-, noix -amandes, noix de cajou, noisettes, etc.- et céréales complètes), peuvent réduire l’absorption du fer, surtout d’origine végétale.
Ils ne doivent toutefois pas être éliminés, car ils présentent aussi des bénéfices nutritionnels importants. L’enjeu est plutôt d’optimiser leur préparation : trempage, germination et fermentation permettent d’en diminuer significativement l’impact, surtout lorsqu’ils sont associés à des sources de vitamine C.
Certaines sources souvent mises de l’avant, comme les algues (spiruline, nori…), sont riches en fer sur le papier, mais leur biodisponibilité est variable et les quantités consommées restent généralement faibles. Elles peuvent être utiles en complément, sans constituer une solution principale.
Enfin, d’autres nutriments interviennent dans la formation des globules rouges et le métabolisme du fer.
La vitamine B12, présente surtout dans les produits animaux (viandes, poissons, œufs, produits laitiers), nécessite une attention particulière chez les personnes végétaliennes, pour qui une supplémentation est souvent nécessaire.
La vitamine B9, abondante dans les légumes verts, les légumineuses et l’avocat, ainsi que la vitamine C,
participent également à l’équilibre global.
Ainsi, au-delà des aliments eux-mêmes, c’est la qualité des associations alimentaires et la cohérence des
habitudes qui permettent d’optimiser l’assimilation du fer.
Supplémentation ciblée
Lorsque l’anémie est confirmée, la supplémentation en fer devient nécessaire. Le sulfate ferreux, forme la plus
prescrite, est efficace mais souvent associé à des effets secondaires digestifs, notamment la constipation, et
parfois des nausées, diarrhées ou douleurs abdominales. D’autres formes peuvent être envisagées selon la
tolérance.
L’association avec la vitamine C permet d’en améliorer l’absorption. À l’inverse, il est recommandé de séparer
la prise de fer des aliments ou boissons inhibiteurs (thé, café, produits riches en calcium ou en phytates) pour
maximiser sa biodisponibilité.
La supplémentation doit être individualisée en fonction de la sévérité de la carence, de la tolérance digestive et
des besoins spécifiques, avec un suivi biologique régulier, généralement tous les trois mois, afin d’ajuster les
doses.
Plantes médicinales : reminéralisation et soutien de l’énergie
Dans une approche holistique, les plantes médicinales offrent un soutien complémentaire à la fois nutritionnel,
digestif et énergétique. Elles ne remplacent pas la supplémentation lorsque nécessaire, mais en optimisent les
effets. Cette démarche se distingue entre plantes minéralisantes, qui apportent directement des nutriments
essentiels, et plantes adaptogènes, qui favorisent l’énergie et la résistance à la fatigue.
Parmi les plantes minéralisantes, l’ortie (Urtica dioica), utilisée pour ses feuilles, se distingue comme une des
options les plus fiables. Riche en fer, vitamine C, folates, calcium et magnésium, elle présente une bonne
biodisponibilité et s’intègre facilement sous forme d’infusion longue, de soupe ou de poudre. Elle constitue une base particulièrement pertinente pour une reminéralisation progressive.
Le moringa (Moringa oleifera) se caractérise par une concentration élevée en fer, protéines et vitamines (A, B9, C, E). Il peut contribuer aux apports en fer, mais son absorption reste variable selon la qualité et la forme
utilisée. Il agit principalement comme un soutien nutritionnel global.
La patience crépue (Rumex crispus), moins riche en fer, est traditionnellement utilisée pour favoriser son
assimilation et soutenir la digestion. Elle présente aussi un effet légèrement laxatif, intéressant lorsque la
supplémentation en fer entraîne de la constipation.
Le pissenlit (Taraxacum officinale) apporte des minéraux et soutient la fonction hépatique. Les racines,
légèrement plus riches en fer, sont aussi légèrement laxatives, tandis que les feuilles, plus riches en vitamine C, soutiennent davantage l’absorption du fer.
Enfin, le persil (Petroselinum crispum), bien que moins concentré en fer, se distingue par sa richesse en vitamine C. Consommé cru et régulièrement, il agit comme un facilitateur d’absorption du fer et complète efficacementl’action des autres plantes minéralisantes.
En pratique, ces plantes gagnent à être combinées : l’ortie comme base nutritive, le moringa comme renfort, et le persil (idéalement avec une source de vitamine C comme le citron) pour optimiser l’assimilation.
La patience crépue et le pissenlit complètent cette approche en soutenant la digestion et l’élimination.
Par ailleurs, certaines plantes adaptogènes peuvent être intégrées pour soutenir l’énergie et la résistance à la
fatigue. Il en existe de nombreuses ; celles présentées ici sont des exemples pertinents dans le contexte de
l’anémie.
L’ashwagandha (Withania somnifera) contient du fer en faible quantité, mais agit surtout par ses effets
adaptogènes et antioxydants qui aident à améliorer la vitalité et à réduire la fatigue. Le reishi (Ganoderma
lucidum) soutient l’immunité et l’énergie, mais ses effets sur l’hémoglobine humaine restent insuffisamment
démontrés. Le ginseng américain (Panax quinquefolius) agit comme tonique général et améliore la résistance au stress.
Ces plantes s’intègrent dans une approche globale de soutien, sans se substituer aux interventions nécessaires
pour corriger une carence.
Réduire les pertes sanguines pour préserver les réserves
La correction de l’anémie reste incomplète si les pertes sanguines ne sont pas prises en compte.
Dans le cadre de fibromes utérins ou d’endométriose avec saignements abondants, il est essentiel de modérer le flux menstruel afin de préserver les réserves en fer. Certaines approches naturelles peuvent compléter le suivi médical pour réduire l’abondance des menstruations (voir article sur les saignements).
Conclusion
L’anémie associée aux fibromes utérins ou à l’endométriose ne se résume pas à un simple déficit en fer. Elle
s’inscrit dans un contexte plus large, où les pertes sanguines, l’assimilation des nutriments et l’équilibre global
de l’organisme interagissent étroitement.
Une prise en charge efficace repose à la fois sur un diagnostic précis et, lorsque nécessaire, sur une
supplémentation adaptée, mais aussi sur une approche complémentaire visant à soutenir l’organisme en
profondeur.
L’alimentation permet d’optimiser les apports et l’assimilation du fer, les plantes minéralisantes contribuent à
une reminéralisation progressive, tandis que les plantes adaptogènes peuvent accompagner la récupération en
soutenant l’énergie et la résistance au stress.
Dans ce contexte, agir aussi sur les saignements demeure essentiel pour préserver les réserves. C’est la
combinaison cohérente de ces différents leviers qui permet une approche durable, adaptée et efficace.
Parce que chaque personne est unique, chaque accompagnement l’est aussi.
L’utilisation de plantes médicinales ou de compléments naturels doit être adaptée à l’état de santé et à la
sensibilité individuelle. Certaines plantes ou compléments naturels peuvent interagir avec des médicaments ou
ne pas convenir selon certaines situations ou l’état de santé. Il est donc essentiel de consulter un professionnel de santé avant tout usage thérapeutique pour un accompagnement sûr et personnalisé.

Par Françoise Girard, herboriste thérapeute et naturopathe, Santé des femmes au naturel
Site web, Facebook et Instagram
