Cynthia Olivera : « Ma résilience d’aujourd’hui fait de moi une combattante »

Québécoise d’origine argentine, entrepreneure et cheffe privée, Cynthia a 32 ans. Elle raconte avec une rare franchise le chemin éprouvant qu’elle a parcouru depuis son diagnostic de fibrome et pourquoi elle se bat aujourd’hui pour que les choses changent.

Cynthia Olivera, 32 ans Femme Entrepreneure – Chef privée & traiteur événementiel

Je m’appelle Cynthia Olivera, j’ai 32 ans. Je suis Québécoise d’origine argentine, et je vis de ma passion à travers mon entreprise de chef privée et traiteur événementiel. Ma vie est faite de saveurs, de créativité, de partage. Mais il y a un peu plus de quatre ans, elle a aussi été marquée par quelque chose que je n’avais pas vu venir : un diagnostic de fibrome utérin, dans les circonstances les plus soudaines et les plus bouleversantes qui soient.

Lors d’un rapport avec mon conjoint, j’ai ressenti une douleur intense accompagnée de saignements importants. Je me suis rendue à l’urgence. Une échographie pelvienne a révélé la présence d’un fibrome d’environ 6 à 7 cm. L’urgentologue m’a rassurée – « c’est très courant, trois femmes sur cinq en ont, ne vous inquiétez pas » – et m’a recommandé un suivi gynécologique. Ce soir-là, je suis rentrée chez moi sans vraiment comprendre ce qui m’attendait.

Quand le quotidien devient un combat silencieux

Au fil du temps, les symptômes ont pris de plus en plus de place. Des douleurs chroniques à l’utérus, des troubles digestifs, des douleurs lors des relations sexuelles, des menstruations extrêmement abondantes. Je pouvais même sentir physiquement la présence du fibrome dans mon corps.

En gynécologie, je me suis sentie démunie. Peu de solutions, beaucoup d’avertissements sur les risques de récidive et les enjeux liés à une future grossesse. Pas d’examen approfondi. Pas de vérification de mon taux d’hémoglobine, malgré une fatigue extrême. Et surtout, aucun réel accompagnement, aucune explication. J’ai alors vécu avec la peur, l’incompréhension et l’incertitude.

« J’ai vécu avec la peur, l’incompréhension et l’incertitude. Personne ne m’a vraiment dit ce qui se passait dans mon propre corps. »

Août 2025 : le point de bascule

« Tout a basculé en août 2025. J’ai subi ma première hémorragie majeure. Je perdais d’énormes caillots de sang, avec des douleurs comparables à un accouchement. Ce n’était que le début : plusieurs autres hémorragies extrêmement graves ont suivi. Pendant des mois, j’étais incapable de me lever. Mon corps tremblait constamment. Je ne pouvais presque plus m’alimenter, mon corps rejetait tout.

Des examens d’urgence ont révélé que mon fibrome avait dépassé les 10 cm. Il occupait pratiquement tout mon utérus, comprimant mes organes, notamment au niveau digestif. Chaque repas était devenu un déclencheur potentiel d’hémorragie.

Lors d’une des crises les plus sévères, j’ai perdu une quantité de sang critique. Une ambulance a dû intervenir. J’étais en train de me vider de mon sang. Au total, j’ai reçu plus de cinq transfusions sanguines. Ces moments ont été parmi les plus traumatisants de ma vie.

Plus de cinq transfusions sanguines. Un fibrome de plus de 10 cm. Des mois alitée, incapable de manger. « 

Ce que Cynthia a traversé n’est pas une exception, c’est la réalité de trop nombreuses personnes laissées sans suivi adéquat.

Se reconstruire, avec les bons soutiens

« Face à tout cela, j’ai cherché des solutions par moi-même. J’ai été accompagnée par l’organisme Vivre sans fibromes, qui m’a aidée à mieux comprendre ma condition et à structurer mes démarches dans le système de santé. J’ai aussi exploré des approches complémentaires : la naturopathie, une alimentation anti-inflammatoire, des tisanes pour apaiser mon système nerveux.

Ce parcours m’a transformée profondément. Il m’a appris la résilience, mais aussi et surtout l’importance d’écouter mon corps. J’ai appris à calmer mon système nerveux, à vivre dans le moment présent, à développer une grande conscience de mon état physique et émotionnel. Aujourd’hui, je comprends plus que jamais que nous n’avons qu’un seul corps et qu’il est essentiel d’en prendre soin.« 

Ne pas oublier celles qui nous ont permis d’être là

« Je crois profondément qu’il est important de continuer à soutenir des organismes comme Vivre sans fibromes, même après une opération ou une amélioration de notre condition. Il ne faut pas oublier le chemin parcouru. C’est grâce à ce que nous avons vécu, à ce que nous vivons encore, et à l’encadrement de ces structures, que plusieurs d’entre nous sont encore vivantes aujourd’hui. Nous leur devons notre reconnaissance et notre engagement.

J’aimerais voir davantage de collaboration entre ces organismes et le système de santé gouvernemental. Oui, il y a de l’espoir mais l’espoir existe seulement lorsqu’on agit, lorsqu’on se bat, lorsqu’on met des mots sur nos réalités. Si nous ne faisons rien, rien ne changera. Il faut avancer ensemble, main dans la main.

Le témoignage de Cynthia vous touche ? Soutenez Vivre 100 Fibromes et aidez d’autres personnes à ne pas traverser ça seules. Soutenir la cause