« J’entame l’année 2026 les mains dans les couches, la tête plongée dans les biberons et entourée de jouets pour bébé.
À 42 ans, je ne réalise pas encore pleinement l’année qui vient de s’écouler. En l’espace de neuf mois, je suis passée du statut de femme mariée, en paix avec sa vie, à celui de mère. Une transformation aussi rapide qu’inattendue.
La surprise a été immense : c’est le jour de mes 41 ans que j’ai appris que j’étais enceinte. Un cadeau d’anniversaire que j’ai accueilli avec douceur et sérénité.
Pourtant, jusqu’à mon cinquième mois de grossesse, le doute était bien présent. De petits soucis de santé que je considère aujourd’hui comme mineurs, le fait de travailler dans un service auprès de femmes ayant vécu des fausses couches, et l’expérience d’amies proches ont nourri mes peurs.
Mon mari et moi avions pourtant pris la décision de ne pas poursuivre un parcours de PMA. Pour des raisons économiques, éthiques, mais surtout une réalité personnelle : mon corps et mon esprit avaient déjà beaucoup donné. Ma tête, celle de la femme engagée auprès d’autres femmes, me disait de poursuivre mon parcours en fertilité. Mon cœur, lui, disait non. Pour moi, il existait d’autres chemins possibles vers la maternité. A 40 ans, j’ai donc fermé la porte à la PMA, sans regret, en pleine conscience. Je ne faisais pas partie de ces femmes qui tiennent le discours du « bébé à tout prix », même si je respecte profondément celles qui choisissent de se donner tous les moyens possibles pour réaliser leur désir de maternité. Mon mari m’a alors rappelé l’essentiel : être heureux à deux. Un bébé est un plus, jamais une obligation. Ce choix n’a pas été facile au départ. Il y a eu des larmes, des remises en question, des prières… puis, peu à peu, un véritable lâcher-prise.
J’ai alors appliqué ce qui me faisait du bien : une alimentation consciente, des plantes, des séances hebdomadaires chez mon acupunctrice, du sport, des moments de qualité en famille et la Foi d’essayer de booster sa fertilité naturellement, le reste est dans les mains de Dieu.
Je crois que c’est une multitude de petits gestes, alignés au bon moment, avec la bonne personne, dans le bon contexte, qui a permis à la magie d’opérer.

Dans d’autres circonstances, à une autre période de ma vie, avec une autre personne, la PMA aurait peut-être été une option. Mais ce n’était pas mon chemin.
J’encourage toutes les femmes, qu’elles aient ou non un désir d’enfant, à optimiser leur santé à travers les bases du quotidien : eat-pray-love. Quel que soit le chemin que vous choisirez le jour où vous penserez à fonder une famille, informez-vous, connaissez vos options, mais surtout, respectez vos limites.
Pendant cinq ans, j’ai mis énormément d’énergie à lutter contre mes fibromes. Inconsciemment, je n’avais plus la force mentale de m’engager dans un parcours de PMA. Aujourd’hui, je ne regrette rien : cette énergie m’est précieuse pour suivre le rythme d’un bébé dynamique de huit mois !
Il est parfois difficile à entendre, mais je crois profondément qu’il faut faire confiance à son destin, ce qu’on appelle chez nous le « mektoub ». La vie ne s’arrête pas à l’enfantement. Elle se poursuit à travers nos idées, nos créations, nos talents, ce qui nous anime et donne du sens à nos journées.
À celles de 40 ans et plus qui portent un désir d’ enfant : La société vous fera douter, parfois même votre entourage. Mais si vous sentez que c’est le bon moment pour vous, alors croyez-y, quel que soit le chemin que vous empruntez. Vous êtes la seule à savoir ce dont vous avez besoin.
Vous êtes bien plus qu’une statistique. Entourez-vous de bonnes énergies, éloignez celles qui vous stressent inutilement. Votre équilibre émotionnel sera votre plus grande force pour traverser l’épreuve la plus intense de votre vie : accueillir un bébé, ou mener à bien tout autre projet qui vous élève.
C’est le point de départ de toute nouvelle année que j’espère remplie de beaux défis, que vous surmonterez un jour à la fois, un pas à la fois »
Aissatou Sidibé, présidente de la Fondation Vivre 100 Fibromes

